Le rendez-vous de Lakévio !

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Dod Procter

Un texte :

Emma entra dans l’appartement et jeta son sac sur la console de marbre.

« Hé bien, non ; ce ne sera pas lui ! » prononça t’elle à haute voix en ôtant ses gants blancs. Fifille avait accouru et la regardait, silencieuse, dans l’encadrement de la porte. Emma chercha son paquet de cigarettes dans son sac à carreaux. Elle saisit une longue cigarette dans la boîte puis changea d’avis.

« Tu te rends compte : un bouquet de tulipes ! » Elle alla ouvrir la fenêtre et revint s’asseoir dans un fauteuil face à Fifille qui ne la lâchait pas du regard. « Non ma petite, ce n’est pas encore pour cette fois-ci. »

Elle passa en revue tous ceux de ces derniers temps. Il y avait eu le petit ventripotent, riant comme un niais à tout ce qu’elle disait. Le timide qui avait rougi plus qu’il n’avait parlé. Le grand qui avait été maladroit tant en mot qu’en geste… Elle se laissa tomber dans un fauteuil.

« Je crois que je vais laisser tomber cette idée. Fini les Mythique, Adopte un type et je ne sais quoi encore. » Elle soupira : « Je renonce à trouver une âme sœur et je vais organiser ma vie dans ce sens. » elle réfléchit : « Qu’en penses-tu Fifille ? Lundi, bridge avec les copines. Mardi, atelier broderie. Mercredi, marché. Jeudi, club des anciens et vendredi… vendredi… On trouvera ! »

Fifille lui sauta sur les genoux. Emma la regarda en la caressant : « Zut ! J’ai oublié ton mou. » Elle se leva, prit son manteau. En passant près de la console, elle saisit le bouquet.

« Je reviens vite Fifille. » Avant de sortir dans la rue, elle se dirigea vers l’arrière cour où étaient stockés les containers de poubelle. Elle regarda le bouquet une dernière fois et le jeta.

« Vous n’aimez pas les fleurs, chère madame ? »

Elle tourna la tête et aperçut un homme en chaussons, les cheveux en bataille, sac poubelle à la main. Elle eut du mal à reconnaître le monsieur du troisième, celui qui était toujours bien mis quand il sortait dans la rue.

« Bonjour. Non, j’aime les fleurs… C’est juste que celles-ci m’ont été offertes … » elle se tut. Il jeta son sac et prenant une posture grandiloquente :

« Adieu. Elle l’avait pris en grippe ce bouquet de tulipes ! Ça la prenait aux tripes car il avait été offert par un sale type. »

Il est gonflé celui-ci, pensa t’elle. Et elle éclata de rire.                       

« Il y a du vrai.

-Si vous aimez les fleurs, que diriez-vous que nous allions visiter des jardins publics ? J’ai du temps le vendredi. »

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