Le jeu de Lakévio !

 

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Consignes : sur ce que vous inspire la toile de Jorge Santos, peintre surréaliste américain, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant pour mieux les repérer.

 pourriture, dilettante, carpaccio, ecchymoses, roulage, tenture, équivoque, pourchasser, s'abstiendra, saumâtre.

Merci du cadeau Lakévio !

Et pourtant un texte deux textes :

Elle a fait un malaise ?... Non, elle dort profondément ; ça, ça s’appelle tomber de sommeil. Pourvu qu’elle n’ait pas d’ecchymoses... Qu’est ce que c’est que tout cela ?... Des pages rédigées, partout. C’est donc cela qu’elle fait en fin de journée quand je ne suis pas là ! Je comprends mieux pourquoi c’est carpaccio et jambon au menu du soir alors qu’elle termine son boulot à quinze heures ! Noircir des pages, voilà autre chose ! Je m’étais imaginé bien d’autres choses ; je suis soulagé…

Elle a toujours dit qu’elle aurait aimé être écrivaine. Mais là, je tombe de haut. Cumuler son boulot et écrire en fin de journée, avant que je ne rentre le soir. Je l’admire de savoir s’inventer des rêves, de les pourchasser jusqu’à les réaliser. Ecrire ainsi en dilettante, elle m’épate. Mais qu’écrit elle au juste ?

« Le vieux Serge, dans sa veste de velours cotelé dans sa combinaison de travail descendit de son tracteur ; il en avait fini du roulage comme de l’amour. Ce champ allait donner généreusement le fruit de son travail, il n’en doutait pas. Quant à l’amour, il ne risquait plus de se faire avoir par une fille de la ville, aussi belle fut-elle, même vêtue d’une robe taillée dans une tenture comme Scarlet. Oui, autant en emporte le vent ! Aucune équivoque dans son esprit : on ne l’y prendrait plus ! La dernière qui s’était pointée à la ferme, une véritable pétasse pourriture, peste ne serait jamais retrouvée, il en était certain. Il avait tout fait pour. Transformée en compost, dans un mélange d’ une eau saumâtre et de quelques autres ingrédients dont lui seul connaissait la composition, elle était maintenant éparpillée dans le champ, dans la surface aplanie. Personne ne la retrouvera. »

Oh ! Ecrire, c’est bien mais…n'est pas Agatha qui veut ! On s’abstiendra de tout commentaire, hein le chien.

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Elle gisait sur la table, un crayon de bois à la main. De nombreuses lettres d’amour, où elle avait apposé la trace d’un baiser de rouge à lèvres, étaient éparpillées autour d’elle.

« Bien fait ! C’était une véritable garce quoique puissent en penser les autres. Elle était foncièrement égoïste, vivant en dilettante. Pourchasser ses rêves jusqu’à les atteindre, c’est beau ! Mais quand c’est en ne faisant pas attention à ceux qui vous entourent, je trouve cela nul !

Cette solution n’était pas si mauvaise, puisqu’elle n’est pas couverte d’ecchymoses. C’est vrai que la position sur la table est équivoque mais de là à ce qu’ils comprennent ce qu’il s’est réellement passé, il y a de la marge. Quand je l’ai vue manger son carpaccio et ne même pas m’en donner malgré mes supplications, j’ai perdu la tête. Elle n’a daigné me donner que du riz aux légumes, dans une eau saumâtre alors queje salivais devant ses tranches de viande. Oui, j’ai prémédité ce crime. J’ai attendu le moment idéal, celui où captivée dans sa rédaction, elle ne faisait pas attention à moi. Je me suis jeté sur elle, par derrière, de toutes mes forces pour que sa tête heurte la table violemment. Du bon boulot !

Il l’aimait, c’est  certain. Mais il se fera à sa disparition. Il aura du chagrin et il en trouvera une autre plus sympa... Qu’est ce qu’il fait maintenant ? »

L’homme jeta un coup d’œil à la lettre au-dessus de sa tête : c’était une déclaration d’amour qu’elle lui adressait. Il en était ému, incapable de prononcer le moindre mot tant il était abasourdi par la scène. Il l’avait trouvée ainsi en rentrant du travail. Il regarda sur la table et trouva des mots qui ressemblaient à des petites annonces telles qu’on en placarde dans certains lieux prévus à cet effet : « Donne chien fougueux et joueur pour raison de santé. Un grand jardin serait idéal pour l’accueillir. »

L’homme eut un mouvement de recul. Son chien. Elle s’apprêtait à donner son chien, à lui. Cela le blessa. Il continua à farfouiller dans le fratras. Au plus près du crayon, il vit ce mot qu’il lut à haute voix , en plein milieu d’une lettre d’amour : « Le chien m’a tuée » suivi d’un grand trait de crayon entrainé dans une chute.

« Qu’est ce que je fais ? Est-ce qu’il s’abstiendra de me punir ? Je tente de me cacher dans un roulage dans une tenture  ou ce n’est pas la peine? Ah, la pourriture de bonne femme ; quand je dis que c’était une véritable garce ! »

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