Le rendez-vous de Lakévio !

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Une image :

Gueorgui Pinkhassov 1996

 Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

 Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

(Exercice difficile cette semaine ; si l'image me plait, c'ets moins le cas avec la consigne.)

 Ma copie :

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Sans le savoir, nous vivons la même chose. Mais nous ne le savons pas encore à cet instant où il vient s’asseoir à la table voisine. La lumière de Paris est magique en fin d’après midi. C’est pour ce rayonnement particulier que j’ai choisi cette terrasse. Je cherche à m’échapper dans la lecture, exercice difficile tant je suis désabusée. Je suis si peu concentrée dans l’exercice que je le vois arriver. Il s’installe à la table d’à-côté et déploie son journal. Je replonge dans ma lecture. Nous sommes trop près l’un de l’autre mais cette proximité qui pourrait être gênante, ne me déplaît pas. Nous sommes semblables… Sans même échanger un mot, je sens que nous partageons le même sentiment, celui de l’être solitaire. Peut-être que je l'aborderais, qui sait ? J'en suis certaine en fait. Mais plus tard car pour l'instant, je dois me calmer.

Ce matin, je me suis réveillée avec cette pensée qui m’obsède depuis : je suis seule, seule au monde. Oui, bien sûr, je suis entourée d’êtres qui m’aiment et ma vie est riche de rencontres et d’expériences. Mais j’ai pris conscience de ma solitude ; je me suis réveillée avec cette idée : je suis moi, seule sur le chemin de mon destin. Les alliés d’un jour ne le seront peut-être pas toujours. Ou peuvent disparaître de ma vie… Je n’ai aucune certitude sur leur présence éternelle. Et quand bien même ; personne ne pourra jamais pénétrer ma pensée, mes sensations, mes ressentis. Je suis seule avec mon libre arbitre. Et cette prise de conscience a créé un malaise en moi. Condamnée à vivre ma solitude. C’est la même chose pour tout le monde… Il faut que je me résigne. Il faut que je chasse cette pensée de mon esprit. Je reprends ma lecture, déterminée à ne pas laisser s’installer le vertige lié à la conscience nouvelle de ma condition d’être humain.

"Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman."

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