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Andrew Wyeth On-The-Edge-

Andrew Wyeth On-The-Edge-

Je pense, donc je suis...

Ce n'est pas à René Descartes, mais à Blaise Pascal, mon Auvergnat préféré, que j'emprunte cette jolie maxime que vous devrez caser dans votre devoir avec le sujet qui vous sied !

 "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie" in (Pensées)

Un texte :

L’immensité me donne le vertige. Je ne sais pas exactement ce qui m’a poussée à venir jusqu’ici. Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie. J’aurais dû aller m’engouffrer dans un centre commercial grouillant de monde. C’était plus sage ; ça m’aurait rattachée au vivant. Au lieu de cela, j’ai enfilé mon caban, mis les bottes en caoutchouc dans le coffre de la voiture et j’ai roulé jusqu’à la mer. Me voilà, seule, face à l’infini. Seule avec moi-même. Pas l’idéal quand on a un gros vague à l’âme…J’ai froid, le vent est cinglant. Cela ajoute à mon mal-être… Je regarde à l’horizon, évitant de regarder en bas, vers le vide. Le ciel est sombre, laissant présager un déluge. J’ose à peine bouger ; la mousse humide rend les rochers glissants. Il suffirait de peu de chose pour…

Absorbée par le paysage où les éléments se déchaînent, j’échappe aux pensées noires qui m’obsèdent en ce moment. Non, je ne suis pas foncièrement malheureuse et pourtant…Je n’arrive pas à positiver. Le manque de l’autre ne me quitte pas… Il aimait tant la mer ! C’est peut-être ce qui m’a guidée jusqu’ici… Il ne reviendra pas ; alors je suis venue un peu à lui ici. Je crains que la plaie ne se referme jamais…

Il n’y a pas de fin ici ; les reflets de la mer s’étendent à l’infini. Cette idée m’angoisse. Le cri des goélands est assourdissant. Le fracas des vagues contre la roche est très violent et résonne dans ma tête. Ça tourne comme si j’étais enivrée. J’essaie de respirer mais le vent souffle si fort. Je ferme les yeux…

C’est étrange. Tout à l’heure, j’ai cru que j’allais tomber de cette falaise, que ma dernière heure était arrivée. Maintenant, je sais que je reviendrais. Au prochain coup de moral en berne, je viendrais ici me ressourcer. L’affrontement avec les éléments m’a fait du bien, comme une bataille gagnée sur moi-même. Je me suis sentie vivante comme jamais. Je suis forte, je le sais.

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