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Aquarelle de Luigi Zucchero

Espérant ne pas plomber un peu plus l'ambiance, je vous propose le devoir d'étoffe, (intégrer la citation suivante dans votre texte). Extrait d'une lettre de Vincent Van Gogh. (Lettres à son frère Théo de Vincent Van Gogh)

"Au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère."

Une histoire :

Je vais vous raconter ma vie ; vous comprendrez que je recherche dans l’activité de pêche, la sérénité que je ne trouve nulle part ailleurs. Tous les week-end, je m’accorde des matinées de solitude pour méditer sur mon destin. Là, je me repose, je laisse mes peurs me quitter le temps de rêveries libératoires.

J’ai eu une enfance heureuse. De ce que je m’en souviens, elle fut relativement facile. Toujours plus que ce que j’ai eu à vivre par la suite. Je me suis marié par amour. Très vite, elle tomba enceinte. Elle est morte en donnant naissance à notre fils, lui-même n’a pas survécu, me laissant seul, en moins d’une semaine, veuf et sans enfant. Je suis resté quelques temps plongé dans la douleur, incapable d’envisager un quelconque avenir. Je me suis jeté à corps perdu dans le travail. Puis un jour, quelques années plus tard, j’ai relevé la tête, et j’ai croisé le regard de celle qui devait devenir ma seconde épouse. Nous avons vécu une belle union, dans laquelle je mettais tout en œuvre pour vivre intensément le bonheur qui m’était à nouveau donné. Avec toujours cette crainte de la perdre, la chérissant, la protégeant. Elle me quitta pour retrouver sa liberté ; j’étais trop prévenant, trop pressant, l’étouffant, disait-elle. Mon destin était donc de perdre les êtres aimés, brutalement, en pleine passion ? Contrairement à la première fois, je ne sombrai pas dans la dépression ; mais mon amour propre en prit un coup. Il a fallu que je croise celle qui partage ma vie aujourd’hui, « en pointillé » comme elle dit. Car nous ne vivons pas ensemble. Je ne l’ai pas souhaité comme si cela pouvait me protéger, la protéger. Elle avait déjà deux enfants quand je la rencontrai. Elle me donna deux enfants ; un garçon et une fille. Ils sont tout pour moi, avec leur mère. Mais je m’interdis beaucoup : je mets de la réserve à laisser s’exprimer mes sentiments. Je reste toujours dans la crainte que tout pourrait m’être enlevé du jour au lendemain. Ils ont grandi, nous préservant de soucis que certains enfants infligent à leurs parents. Nous sommes fiers d’eux, heureux de leur réussite. Cette famille recomposée est des plus heureuses. Nous nous retrouvons régulièrement pour des moments toujours festifs. Le bonheur, donc…

Avec le temps, peut-être l’effet de l’âge, j’arrive à me détacher des angoisses qui ont toujours fait partie de moi depuis mon entrée dans le monde des adultes. La semaine dernière, le médecin a diagnostiqué la maladie de ma dernière compagne. Quand je fais le bilan de ma vie, je m’interroge sur la dureté des destins des humains.  Dans cette nouvelle épreuve, au lieu donc de me laisser aller au désespoir, j'ai pris le parti de mélancolie active pour autant que j'avais la puissance d'activité, ou en d'autres termes j'ai préféré la mélancolie qui espère et qui aspire et qui cherche à celle qui, morne et stagnante, désespère. Je vais m’installer chez elle. Nous mènerons le combat ensemble. Après, ce qui doit advenir…

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