Les Rêves de Véro...

20 novembre 2017

Une image, une histoire # 44 2017

 Le rendez-vous de Lakévio !

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Dean Cornwell

Dean Cornwell

 Consigne :  la lettre. L'un des personnages écrit une lettre de voyage... 

Un texte : (difficile de faire court pour moi cette semaine.)

Cher ami,

Je suis enfin rentré à la maison. Retrouver notre cher pays est un réel plaisir ; j’en avais oublié le chant des oiseaux et les froufrous des robes des femmes et cela me ravit de me promener à nouveau dans les parcs arborés. Je profite de ces quelques jours ensoleillés avant de retourner au musée pour traiter toutes les données recueillies. Tu n’oublieras pas de m’envoyer les pièces que tu as collectées pour que nous en fassions l’inventaire au plus vite.

Je suis heureux d’être rentré : tu le sais, j’avais hâte de revenir et une appréhension car je n’aime pas les voyages en bateau. Et effectivement, il est arrivé une drôle d’aventure sur ce paquebot ; c’est l’objet de cette lettre.

Je suis sujet au mal de mer et la traversée, une fois de plus, m’a semblé interminable. J’ai passé deux jours dans ma cabine, cloué au lit. Le docteur du paquebot m’a prescrit un médicament qui ne m’a soulagé qu’à partir du troisième jour.

N’ayant pas été au milieu de la société pendant deux jours, c’est comme si le voyage commençait pour moi à ce moment-là. Sauf que les autres s’étaient déjà rapprochés par affinité : les repas sont l’occasion de faire connaissance et de converser sur l’avenir du monde ou sur la saveur du repas.

Je n’eus donc pas le choix de ma place à table. Je me retrouvais avec un couple bourgeois, nouvellement riche, qui n’en faisait pas secret. Au contraire, leur bavardage nous assommait, mes compagnes d’infortunes et moi-même. Je restais bien souvent silencieux, laissant les deux vieilles dames cousines alimenter la conversation avec la femme couverte de bijoux d’un merveilleux mauvais goût par leur grosseur. Le mari ventripotent, finissait les repas par un gros cigare qui indisposait tout le monde. Ces repas seraient donc des épreuves, ce dont je m’en attristais. Je devais trouver une échappatoire.

Dès le premier repas, j’avais repéré un jeune couple à une table voisine et je me disais que leur compagnie serait bien plus plaisante que celle de mes nouveaux riches. La femme, très délicate, me plut immédiatement. L’homme à ses côtés, était aux petits soins, devançant toutes ses demandes : elle n’avait même pas besoin de réclamer qu’il lui resserve à boire, ni qu’il lui donne le bras quand elle se levait. Car, quand elle fut debout, je constatais qu’elle avait du mal à marcher. Son pas était très lent comme celui d’une personne en convalescence. Le second repas, je me pris à rêver être celui qui aiderait cette jeune femme ; je lui serais indispensable et cette idée me procura du plaisir. C’est sur cette pensée qui m’obséda la soirée et même une bonne partie de la nuit que je m’endormis.

L’ennui de ce voyage de retour, le mal-être que j’avais ressenti au début de la traversée étaient maintenant oubliés ; je me réveillais le lendemain avec en tête, l’image de la femme. Le couple devint ma principale occupation : je les suivais, les observais, me débrouillais pour être toujours assez proches d’eux. A nous trouver régulièrement dans les mêmes espaces, nous nous sommes salués le quatrième jour. Le cinquième, j’osais quelques mots de conversation sur le climat. Elle semblait si fébrile, accrochée au bras de son compagnon sur le pont du paquebot, dans la contemplation de l’océan. Il répondit qu’effectivement, ils avaient la chance de pouvoir profiter de ce dernier soleil annuel. Elle souriait à ses côtés.

Le sixième jour, je travaillais un peu dans ma cabine après le repas. Puis, je sortis prendre l’air. Je la trouvais seule, allongée sur une chaise longue. C’était inespéré de la voir seule. Je lui demandai la permission et m’assis à ses côtés puisqu’elle m’y autorisait. Je ne saurais dire exactement pourquoi mais elle exerçait une fascination sur moi. J’étais intimidé, comme un jeune ado qui éprouve ses premiers émois.

Je lui proposais d’aller lui chercher une boisson ce qu’elle accepta. Nous avons échangé quelques mots et je lui fis la remarque, qu’elle et son compagnon formaient un beau couple. Elle éclata de rire : « Nous ne sommes pas un couple. »  Et pour confirmer la chose, elle présenta sa main nue comme preuve : « Je ne suis pas mariée ! » Mon cœur fit un bond. Ainsi, j’avais toutes mes chances de séduire la belle. La conversation fut interrompue par l’arrivée du concurrent. Je restais quelques instants encore avec eux et je pris congé. Je passais le reste de la journée sur un petit nuage, rempli d’espoir. Le soir, je les suivis à distance dans les dédales de couloir. Je constatais qu’effectivement, il la raccompagnait à sa cabine, la laissant devant la porte, lui baisant la main. Il s’éloigna ensuite vers la sienne. J’étais paralysé, incapable d’aller frapper à la porte de la belle. Après quelques instants d’indécision, je retournais dans ma propre cabine.

Si tu as bien suivi mon bavardage, tu as noté qu’il ne restait que cette nuit et la matinée avant notre arrivée à bon port. J’étais debout aux aurores mais ne les vis ni l’un, ni l’autre. L’ambiance à bord était particulière : les bagages à faire pour certains, profiter des derniers instants pour les autres. C’est l’âme en peine que je me décidais à retourner dans ma cabine pour rassembler mes effets. Puis nous arrivâmes à quai. Je me postais sur le pont pour surveiller les débarquements. C’était un peu la cohue sur le paquebot mais également à terre. La foule venue chercher des membres de sa famille ou quelques-uns de ses amis. J’étais perdu dans la contemplation de tout ce monde lorsque je l’aperçus. Elle se faufilait avec une certaine aisance dans la foule, sans aucun soutien. Cela m’étonna. Elle s’arrêta, semblant chercher quelqu’un du regard. Elle se retourna et me vit : elle me sourit et m’envoya un baiser. Puis elle reprit sa marche rapide vers la rue. Soudain, je le vis, lui. Il n’était pas très loin d’elle. Il s’approcha par derrière et l’attrapa pas la taille. Ils s’embrassèrent avec passion. Elle lui tendit un sac et ils partirent d’un pas rapide vers la rue. J’étais abasourdi. Mon cœur avait reçu un coup de poignard ; que devais-je comprendre ? Je n’eus pas le temps de réfléchir : la bourgeoise imbue de sa personne approchait avec son mari, rouge, vociférant. La femme était en larmes… Il parlait fort, hurlant presque : « Imaginez-vous ! On a dérobé les bijoux de ma femme ce matin alors que nous déjeunions. Nous allons porter plainte. Arrête de pleurer : tu n’avais qu’à les porter sur toi, aussi ! »

Je regardais vers la rue, mais je ne les voyais plus. Je ne dis rien. A la douleur succédait maintenant la honte : ils s’étaient bien moqués de moi. Je ne dis rien. Je saluais mes compagnons de table puis je partis de mon côté.

J'ai eu beaucoup de mal à oublier cet événement, nourrissant de la méfiance envers la gente féminine. Les après-midis, je me balade dans les parcs après le repas, avant de regagner mon logis. Depuis deux jours, je me sens mieux. Je regarde à nouveau les femmes avec légèreté : les frous-frous de leurs robes m’affoleront bientôt, je n’en doute pas…

J’espère que mon bavardage ne t’aura pas ennuyé. Je ne sais pas à qui j’aurais pu me livrer ainsi. Mais cela m’a fait un bien fou.

Tu ne manqueras pas de me prévenir quand tu feras l’envoi des pièces. Je retourne à mes travaux demain.

A bientôt très cher.

D'autres versions sont à découvrir chez Lakévio : clic

 

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19 novembre 2017

Balade d'automne

Par une journée ensoleillée d'automne, faire une balade en cherchant
les couleurs de l'arc-en-ciel.

Rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

rouge novorange novjaune novvert novbleu novindigo novviolet nov

 Marcher, photographier et méditer : les pensées furent mes alliées...

Puis rentrer à la maison et mettre un joyeux bazar sur la table :

bazar 1bazar2

On voit que décembre arrive sous peu... 

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18 novembre 2017

Projet 52 semaines en photo # 47 2017

 Le rendez-vous des Bottes Rouges !

 Ce thème ne tombera pas à l'eau ! (J'ai réussi à tenir sur la longueur : quarante septième semaine...)

Thème de la semaine :

Ma copie :

proj eau
Prise de vue au parc Saint Pierre à Amiens. Ou quand la mare se veut moire !

Photo naturelle sans retouche...  Vous pourrez éventuellement vous y mirez mais attention, baignade interdite ! Même si tout ce bleu donne envie de s'y plonger.

Ça me donnerait presque envie de peindre une aquarelle...  si je savais faire !

D'autres eaux dans les Bottes Rouges : clic 

Posté par Vero reve à 18:35 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
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13 novembre 2017

Une histoire, une image # 43 2017

Le rendez-vous de Lakévio !

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 Une image :

Roland Lee aquarelle maison en Suisse

Roland Lee

Un texte :

Combien de fois avait-il regardé cette maison dès l’ouverture des volets, scrutant les signes du soleil sur la façade ? Il faut dire qu’elle était située juste en face de sa chambre ; il ne s’attardait pas longtemps dans cette contemplation matinale. Il quittait vite cette pièce pour rester toute la journée dans l’autre partie de sa demeure. Et il ne regagnait sa chambre que le soir venu.

Il ne regardait pas cette maison directement et pourtant, il l’avait sous les yeux toute la journée. A l’époque où il avait emménagé dans cet endroit, il l’avait prise pour modèle. C’était sa première toile d’ici. Avec son toit légèrement arrondi et les arbres à l’arrière-plan, il trouvait à ce voisinage, un air de paysage japonais qui lui rappelait vaguement celui de son enfance. Il avait peint la maison à l’aquarelle et avait fixé cette toile dans son salon.

Il avait la discrétion des gens du pays et ne participait que très peu aux manifestations dans le village, se contentant de civilités incontournables. Il vivait simplement, heureusement. Il appréciait la solitude et le calme.

Pourtant, il se surprit non pas à épier ses voisins, mais à profiter des moments heureux dont quelques signes lui parvenaient. Ce bonheur proche le comblait. Il récoltait des bribes des échanges entre les époux, savourait le soin qu'ils apportaient aux extérieurs de leur demeure. Il se délectait de petits instants, comme par exemple, ces séances de jardinage auxquels ils s’adonnaient les week-end ensoleillés. Il entendait les rires et aussi les accents chantant dans la voix de cette petite dame brune qu’il avait pour voisine, les taquineries du mari.

Bien sûr, il lui arrivait de les rencontrer et d’échanger quelques mots. Mais cela n’allait jamais au-delà de civilités et cela lui convenait tout à fait. Chaque matin donc il ouvrait ses volets, après ceux de ses voisins.

Un matin, il constata qu’il était le premier à le faire. Il épia, retournant à la fenêtre plusieurs fois dans la journée, légèrement inquiet. Il apprit la nouvelle le lendemain à la boulangerie du village, qui fut confirmée par le balai de voitures allant et venant chez ses voisins. 

Il voulait témoigner une marque de compassion face à ce séisme qui affectait sa voisine : elle était bien trop jeune pour être veuve. Il chercha le moyen de le faire élégamment, ne sachant pas trop ce qui était convenable dans ces circonstances. Il se souvint de la toile qu’il avait peinte le lendemain ou surlendemain de l’installation du cerisier dans le jardin de ses voisins.

De sa véranda, sans rien voir de la scène, il avait entendu les coups de pelle, les rires, l’arrosage et toutes les tâches nécessaires à la mise en terre de ce nouvel arbre. Cette partie de jardinage avait été très joyeuse et cela lui avait donné envie d’immortaliser ce jeune plant, symbole de la bonne humeur. Ce tableau lui sembla adapté comme témoignage de sympathie.

Il rendit visite à sa voisine, la toile emballée dans du papier kraft, sous le bras. Il accepta l’invitation à pénétrer dans cette maison dont il ne connaissait que l’extérieur. Elle lui offrit un thé qu’ils dégustèrent en silence. Parfois, il la surprit regardant le cerisier immortalisé.

Alors qu’elle s’apprêtait à le raccompagner dans l’allée, bien qu’elle eut conscience de l’incongruité de la chose, elle s’entendit dire sur le pas de la porte, comme si c’était une évidence :

" Vous passerez me voir, vous me le promettez. "

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12 novembre 2017

Week-end pluvieux, crochet heureux

Sale temps dans le ciel !  

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De la bonne lecture, un thé, un crochet et c'est le bonheur !
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Noël se prépare dans la bonne humeur... 

Oui, il est tôt. Mais pas tant que cela pour le calendrier de l'Avent...

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