Le rendez-vous de Lakévio !

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Une image :

Harold Harvey The letter

Harold Harvey

 Un texte :

Judith posa une main sur la console pour se tenir. Ce qu’elle lisait la bouleversait. Il lui fallu quelques secondes pour reprendre ses esprits et continuer à lire.

« Ma chérie,
Je suis fou de toi, tu ne peux pas imaginer. Je t’observe, je scrute la porte de ton appartement et je te suis des yeux dès que tu sors dans la rue. Ma petite chambre sous les combles a une vue imprenable sur la rue Moreau. Je te regarde marcher jusqu’à ce que tu tournes au coin de la rue Finet. Depuis que tu es venue vivre ici, je suis tous tes déplacements. Cela me fait tant de bien.

Parfois, je m’aventure dans la rue à ta suite. Mais cela est rare. Et puis, je laisse tant de distance que très vite, je te perds de vue. Personne ici ne le sait. Les gens de l’immeuble disent des choses horribles sur toi. Surtout la concierge. Que sait-elle de toi, en fait ? Que savent-ils, ces gens ?

Je me moque de ton passé. Ils disent que tu es une pute car tu as eu plusieurs copains. Mais je m’en fous. Quand nous serons ensemble, tu n’auras plus envie de voir les autres, tu peux en être sûre. Demain, je te suivrais jusqu’au parc où tu vas avec le petit Henri et j’oserais te parler. »

Judith elle éclata de rire si sonore qu’il surprit le chien. Elle avait compris avant la fin de la lettre qu’elle avait ouvert par erreur un courrier qui ne lui était pas adressé, mais la curiosité avait été la plus forte. Une lettre adressée à Julie ou Judith chez M et Mme x glissée sous la porte, l’erreur était compréhensible.

Et bien, demain, elle se ferait un plaisir de se joindre à la balade de son petit frère et de la jeune fille au pair. Oui, cette idée la remplissait de joie ! Elle rangea la lettre ; elle la déposera sur la console après la balade, ce sera plus prudent.

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