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 une image :

Theresa Rankin

Theresa Rankin

une histoire :

On dirait le Sud 
Le temps dure longtemps 
Et la vie sûrement 
Plus d'un million d'années 
Et toujours en été. 

C’est drôle ; ce linge évoque le sud pour moi. Et une partie de mon histoire. Onze pièces de linge comme autant de souvenirs

Le drap me rappelle ma grand-mère. Elle avait trouvé une parure rose à une époque où le blanc était communément adopté. Elle l’aimait tant… C’était les draps du bonheur, celui qu’elle partageait avec son époux.

La combinaison qu’il fallait porter pour masquer des jambes qui se laissaient deviner à travers une robe un peu transparente. Ça ne se fait pas.

La brassière du petit Louis, trop tôt parti.

Le torchon qui servait à essuyer la bouche puis les mains des petits après le quatre heures. En ce temps-là, on n’utilisait pas de papier absorbant… Il était maculé de traces de confiture et du bonheur des petits.

La chemise bleue de mon grand-père qui jour après jour partait aux champs. Elle était usée jusqu’à la trame, mais il l’aimait tant, compagne de tous les jours… Le soleil avait aussi décoloré le haut du dos, mais qu’importe !

Le petit débardeur que ma mère avait porté tout un été. A la fin de la saison, sa peau avait bruni si bien que le débardeur était devenu couleur chair.

Le drap de petit lit ; il a vu passer tous les enfants de la famille avant de devenir trois chiffons dédiés à l’époussetage des buffets et commodes de la maison.

La chemise blanche du dimanche. Elle ne sortait de l’armoire que ce jour-là. De messe en balade dominicale, elle était de tous les jours heureux.

La nuisette bleue audacieuse de ma mère. Elle avait coûté cher en argent. Mais aussi en larmes  et en cris avant son achat. La jeunesse sait parfois obtenir l’objet qui fait perdre la raison. Elle avait tant pleuré que les cris de mon grand-père n’avaient pas su retenir ma grand-mère de faire cette acquisition pour sa fille adorée.

Le bavoir de mon demi-frère, premier enfant de ma mère. A l’époque, on l’appelait fille-mère.

La chemise de nuit rétro que j’ai trouvé en brocante. Parce que j’aime à me souvenir de mon enfance.

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