Le rendez-vous de Lakévio !

une image, un texte

Une image :

Andrew Wyeth 

Un texte :

Elle avait gardé un souvenir mitigé des expériences des années précédentes ; mais c’était un moyen de gagner de l’argent qui offrait aussi des avantages, il fallait le reconnaître. Les gamins étaient pénibles, certes. Mais elle profitait des joies de la montagne en hiver. Et elle n’en aurait pas eu l’occasion autrement.

En attendant, quelle galère pour arriver jusque-là… Pourquoi est-ce que le train ne venait plus jusqu’à la petite gare du village, se contentant de passer par la ville voisine pour fuir ensuite vers une autre  agglomération ? Il lui avait fallu attendre et prendre un car pour arriver dans le bourg en bas. Elle avait froid, d’autant plus qu’elle avait glissé en descendant du bus, tombant au sol sur son côté droit qui maintenant était trempé. Il faut dire que les nombreux virages de montagne dans un périple infini avaient eu raison de son estomac. C’est le cœur au bord des lèvres qu’elle avait posé un pied à terre, ce qui avait eu pour conséquence de la faire vaciller au sol au bout de quelques pas, dans l’indifférence totale du chauffeur occupé à rendre les bagages, stockés dans la soute, à leurs propriétaires.

Le temps de se relever et de reprendre ses esprits, elle s’approchait de la soute quand le bus démarra, la laissant sur le bord de la route sans bagage et pleine de boue de neige mêlée à la terre ! Elle eut beau faire de grands signes, le chauffeur n’en vit rien. De découragement, les larmes essayèrent de jaillir, mais elle réussit à les réprimer. Après tout, la valise ne contenait que des vêtements, aucun effet de valeur. Se raisonnant, elle eut alors l’envie d’arriver le plus vite à destination pour avoir l’espoir de se réchauffer. Madame aurait bien une tenue à lui prêter le temps de faire le nécessaire pour récupérer sa valise. Les pieds gelés, le côté droit humide plaqué sur sa peau par le vent froid, elle voyait enfin la maison devant elle. Le thé n’était plus loin, ni la chaleur du feu de cheminée. Elle se surprit même à se réjouir à l’idée des gamins insupportables qui lui feraient un accueil bruyant.

Encore quelques pas. La maison semblait si calme, un havre de paix. Elle sonna. Rien. Elle insista. Toujours rien. Elle ouvrit son sac pour y lire la missive : mince ! Il y était écrit «  nous arriverons mardi soir. » Ce soir ? Mais il n’était que 15h… Qu’allait-elle bien pouvoir faire jusque-là ?… Pourvu qu’ils arrivent avant la tombée de la nuit…

©Véro des Rêves de Véro

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