Le rendez-vous de Lakévio !

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Harold Harvey - Cornish children 

Un texte

Les enfants riaient. Après avoir testé tous les manèges de la fête foraine, hormis celui des tout-petits et la pêche aux canards, ils s’étaient sauvés dans la nature environnante.

Ils avaient lancé leurs chaussures et s’étaient jeté dans la prairie printanière, laissant tout le cirque au loin. Ils savouraient le calme, les oreilles bourdonnant encore des bruits de la fête. Il leur fallait reprendre leur souffle.

Allongés dans l’herbe, ils faisaient non pas le tour du monde, mais celui des attractions en quatre-vingt souvenirs ; ça fusait de toute part, la voix enjouée d’émerveillement ; ils en avaient tant fait…

 «  C’était bien, hein ?
- Oui. J’ai adoré le grand huit. Et la balançoire géante.
- Moi, ce que j’ai préféré, c’est les autos tamponneuses. Et la femme à barbe. T’as vu sa barbe ? »

Ils éclatèrent de rire.

«  Dis, on restera toujours ensemble ?
-   Oui, on fera tout ensemble. »

Soudain, il tourna la tête et vit les fleurs. Il en cueillit une.

 «  Tiens, on va souffler ce pissenlit pour sceller notre union ; on le fait ensemble, en même temps. »

Ils s’exécutèrent, s’appliquant à doser leur souffle pour que chacun contribue équitablement à la dislocation de la fleur.

 « Unis pour la vie. »

Ils restèrent silencieux un long moment.

 « Tu n’aurais pas dû prendre ces deux billets de cinquante dans le porte-monnaie de ta mère.

-Et toi, tu n’es pas mieux : détacher les poneys des forains et les faire fuir. Mais qui pourra prouver que nous sommes voleur ou délivreur de poneys ? Nous, les inséparables premiers de la classe. »

Et ils repartirent dans un fou rire.

 ©Véro des Rêves de Véro

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