Le rendez-vous de Lakévio !

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Encore un texte aujourd'hui, n'ayant pas rendu ma copie de la semaine dernière.

Une image :

paris annees 50

Un texte :

Malgré le soleil, il faisait un peu frais en ce début d’après midi de janvier. « Pourvu qu’il ne prenne pas froid », pensa t’elle. Cet enfant, ce petit garçon, c’est tout ce dont elle avait toujours rêvé ; il était si précieux.

« - Tu n’as pas froid mon chéri ? On va se dépécher pour se mettre au chaud. » 

Tout était calme dans la rue. Ils n’avaient croisé que peu de promeneurs. La saison n’était pas propice à la flânerie. D’ailleurs dans le petit square, les enfants n’étaient pas non plus nombreux à jouer. Les mamans ou gouvernantes étaient peu enclines à s’asseoir sur des bancs gelés. Quand elle y repense… Elle avait été bien inspirée de rentrer dans le parc ; une belle rencontre qu’elle n’aurait pas imaginé. Le hasard fait parfois bien les choses…

« Tu préfères un pain au chocolat ou un croissant pour ton quatre heures ?

-        Des bonbons. »

Evidemment, était-elle bête ! Elle sourit.

« Oui, des bonbons aussi. »

Elle regarda le petit garçon. Il était rouge de marcher si vite mais affichait un sourire malgré tout.

« Encore un petit effort et nous arriverons au Métropolitain. Il y fait chaud. »

Elle repensait à tout cela. Jamais, elle n’aurait imaginé que son cœur battrait si vite quand elle était entrée dans le jardin public pour en arpenter les allées. C’était une balade sans autre but que de prendre l’air et le soleil. Et au détour d’une allée, la rencontre avait eu lieu. Elle en était encore toute bouleversée. Dès qu’elle l’avait vu, elle avait su que c’était lui. Leurs regards s’étaient rencontrés et c’était une évidence : c’était l’histoire de sa vie. Il l’avait séduite avec ses cheveux chatains, ses yeux rieurs, son sourire désarmant… Sans réfléchir, elle lui avait demandé son nom. Il n’était pas farouche ce petit homme. Il lui avait répondu avec simplicité du haut de ses quatre ans.

« Tu es avec ta maman ?

-        Non, je suis avec Nany.

-        Elle est où Nany ?

-        Colette voulait faire pipi. »

Ainsi, il s’était aventuré en dehors du parc de jeux en l’absence de sa nany. Elle regarda autour d’elle ; personne. On entendait à peine quelques cris d’enfants jouant entre eux.

« Tu veux qu’on fasse un jeu ? »

L’enfant avait acquiesé de la tête. Elle lui avait alors demandé s’il connaissait le métropolitain et s’il voulait monter dedans. Ses yeux s’étaient illuminés… Elle lui avait pris la main et avait accéléré le pas vers la sortie, souhaitant de tout son cœur que l’absence de l’enfant ne serait pas découverte tout de suite.

Ils avaient marché quatre ou cinq minutes sans que personne ne se manifesta ni dans le jardin public, ni dans la rue. Une fois dans le métropolitain, il faudra prendre la direction de la gare d’Orsay. Dans quelques heures, ils seront chez elle, dans ce petit village, isolé, où il fait si bon vivre. L’escapade parisienne serait écourtée, bien évidemment, et elle ne reviendrait pas de sitôt dans cette ville. Mais qu’importe : à cet instant, elle était une autre femme.

« Dire qu’il y a une heure, je n’avais pas encore d’enfant » pensa-t-elle en descendant les marches du métropolitain…

….

Les policiers retrouvèrent une valise dans une chambre d’hôtel modeste. Mais rien ne permit d’en identifier la propriétaire.

Nany partit à l’étranger très peu de temps après. Elle changea de profession, devenant fleuriste. Elle n’eut jamais d’enfant. La mère tomba dans une grave dépression dont elle ne sortit jamais. Quant à Colette, elle consacra une partie de sa vie à rechercher en vain son grand frère…

 

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